La République de Chine ne doit pas oublier les habitants de Chine continentale : réponse du Mouvement pour une Chine libre au discours de la fête nationale du président Lai

Communiqué n° FCM-ST-2026-10-10-01

Pour diffusion immédiate — 10 octobre 2026

WASHINGTON / TAIPEI — Le 10 octobre 2026, Lai Ching-te, président de la République de Chine (Taïwan), a prononcé à Taipei le discours du 115e anniversaire de la fête nationale, intitulé « L’avenir de Taïwan : une ville sur la montagne, le sel et la lumière du monde ». Il a appelé Taïwan à incarner une cité visible de loin, construite avec courage et confiance.

Le Mouvement pour une Chine libre accueille cette métaphore, mais demande qu’on en tire toutes les conséquences : une ville qui brille au loin ne saurait ignorer les personnes qui vivent encore dans l’obscurité de la répression. Les images de la ville, du sel et de la lumière sont inspirées de l’Évangile selon Matthieu (5, 13-14). Elles évoquent respectivement la gouvernance démocratique, la résistance à l’érosion autoritaire et les contributions technologiques et humanitaires de Taïwan.

Le président Lai a rappelé le trentième anniversaire de la première élection présidentielle au suffrage universel direct à Taïwan. En 1996, malgré les menaces de missiles, les électeurs ont affirmé leur droit de décider de leur avenir. Cette victoire démocratique mérite d’être célébrée.

Mais le 10 octobre est la fête nationale de la République de Chine, et non simplement celle de l’île de Taïwan. La République fut proclamée le 1er janvier 1912 après le soulèvement de Wuchang du 10 octobre 1911. La Constitution de 1947, fondée sur les Trois principes du peuple de Sun Yat-sen, proclame une république démocratique et attribue la souveraineté à l’ensemble des citoyens.

Cette histoire n’est pas exempte d’autoritarisme. À Taïwan, la loi martiale de 1949 à 1987, la persécution des opposants et le régime de parti unique ont précédé la démocratisation. La liberté a été conquise par les citoyens, notamment par les élections concurrentielles, la presse libre, l’indépendance judiciaire et les alternances pacifiques de 2000, 2008 et 2016.

C’est précisément pourquoi la promesse démocratique inscrite dans la Constitution ne doit pas faire oublier les habitants de la Chine continentale. Sous le pouvoir du Parti communiste chinois, des avocats sont emprisonnés pour avoir défendu leurs clients, des croyants sont persécutés et la mémoire publique peut être traitée comme un acte de subversion. Le Parti communiste chinois ne doit jamais être confondu avec le peuple chinois.

Nommons les personnes concernées. L’avocat des droits humains Xie Yang, arrêté lors de la répression dite « 709 » en 2015 puis de nouveau détenu en 2022, a été condamné le 23 mars 2026 à cinq ans de prison pour « incitation à la subversion du pouvoir de l’État ». Les avocats défenseurs des droits continuent de subir détentions, radiations et disparitions.

À Hong Kong, Chow Hang-tung, Lee Cheuk-yan et Albert Ho ont été condamnés le 11 septembre 2026, dans l’affaire de l’Alliance de Hong Kong, à respectivement sept ans et trois mois, sept ans, et cinq ans et deux mois de prison. Jimmy Lai purge une peine de vingt ans. Le répertoire des prisonniers politiques du Mouvement pour une Chine libre recense ces affaires et les met à jour à mesure que les informations sont vérifiées.

Affirmer une responsabilité morale et historique de la République de Chine envers ces personnes ne signifie pas revendiquer une compétence juridique sur des territoires qu’elle n’administre pas. La responsabilité morale ne crée pas, à elle seule, d’autorité légale. Elle impose en revanche solidarité, documentation, refus d’abandonner les prisonniers et ouverture à un développement constitutionnel pacifique fondé sur les droits humains et l’autodétermination démocratique.

Si le sel résiste à l’érosion, il doit aussi résister à l’oubli. Si la lumière éclaire, elle doit atteindre ceux que l’on préfère ne pas voir. Le Mouvement pour une Chine libre appelle le gouvernement de la République de Chine (Taïwan) à inscrire durablement les prisonniers politiques et défenseurs des droits de Chine continentale dans sa politique des droits humains, en les nommant. Il appelle les démocraties à demander leur libération et à cesser de traiter le Parti communiste comme la voix de tout le peuple chinois.

Cent quinze ans après Wuchang, la République perdure à Taïwan dans la liberté. Sa fête nationale doit rappeler également la part de la promesse démocratique qui reste à accomplir. Une ville sur la montagne ne doit pas détourner le regard de ceux qui demeurent dans l’obscurité.

Références et liens

Histoire constitutionnelle 1911–démocratisation · Prisonniers politiques · Avocats défenseurs des droits · Xie Yang

Version originale en anglais: Free China Movement — FCM-ST-2026-10-10-01

Contact presse: press@freechina.live